Vendredi 27 juin 2008
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25 juin, 19 h00 : Le distributeur de journaux gratuits est là, à l'entrée de la gare.
Il tend "Direct soir" (1) , dans la torpeur de cette soirée d'été parisienne, devant la gare de l'est. Il le tend, d'un geste las, vers chaque passant, ce quotidien exhibant à la
"Une" une secrétaire d'État bien mise en plis, tailleur impeccable, avec un titre du genre : "Elle révolutionne la politique familiale". Rien de moins, peuchère !
Une femme passe à hauteur du distributeur de journaux, habillé, le pauvre bougre, aux couleurs de "Direct soir", suant sous son déguisement : il lui tend le canard, devant laquelle la dame
passe, impavide, lâchant un : "la pensée unique, c'est pas pour moi !".
Un ange passa soudain dans ce hall de gare français, où, décidément, la francilienne harassée, courant vers son train de banlieue taggé, sait rester assassine, sait garder sa capacité à résister
à la com de masse qui se réclame du journalisme, impunément.
Cette paupérisation volontaire du traitement de l'information, destinée à gaver une opinion quasi captive, constituée de millions d'usagers des transports, est, il est vrai, un désastre auquel
les dirigeants de la presse écrite dans son ensemble feraient bien d'être attentifs : car ces feuilles de chou (2) ne font qu'aggraver le désintérêt des gens pour la presse écrite, qui perd
chaque jour des lecteurs.
(1) http:www.directsoir.directmedia.fr
(2) Les gratuits sont pour certains de meilleure qualité que "Direct soir" :
"Direct matin" ou 20" offrent des contenus redactionnels beaucoup moins pauvres.
Par Michel Bertrand VIALATTE
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Publié dans : Carnets
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