Ingrid BÉTANCOUR est libre, pour le plus grand bonheur d'une grande partie de l'humanité, qui a vécu intensément cet épilogue et versé
des larmes de joie en découvrant les premières images de cette libération.
Tous, nous avons été saisi d'admiration devant la force de caractère de cette femme qui a su, durant 6 années de détention effroyable,
résister à ses géoliers et garder en elle-même une réserve permanente de forces intérieures de résistance à l'oppression, même dans les moments de profond abattement, sans doute.
Qui n'a pas été épaté par la maîtrise d'elle-même qui fut la sienne ces 2 derniers jours; qui n'a pas été enthousiasmé par le charisme
puissant qu'irradie cette femme exceptionnelle, par la pondération dont elle a su faire preuve; qui, enfin, n'a pas été marqué d'emblée par la qualité d'expression, le sens de la diplomatie,
l'aptitude à transmettre aux autres des valeurs dont elle a vérifié en captivité le caractère essentiel.
La lettre à ses proches, qui nous était parvenue il y a quelques mois, nous avait donné un avant-goût plus qu'émouvant de ce talent et de sa dimension intérieure.
Ingrid, franco-colombienne, femme d'État(s), n'est pas de retour sur la scène politique intenationale, qu'elle n'a en réalité jamais quitté depuis 2002.
Mais elle désormais une îcone, elle incarne, à travers ce qu'elle a enduré, le corpus de principes et de valeurs qui sont les fondations de l'ordre international équitable et respectueux
de l'Homme que nous appelons tous de nos voeux, en France bien sûr, dont elle a rappelé, dans sa lettre précitée, l'attachement qu'elle portait à ce pays et à son peuple, en Colombie et
partout ailleurs.
Ingrid BÉTANCOUR, Monsieur le Président de la République, débarquera dans quelques heures sur le sol français. Vous serez là pour l'accueillir et lui dire, sans doute, combien elle a
représenté aux yeux des français, de tous les français comme aux yeux du monde, un symbole de Résistance à toutes les formes de dégradation de la personne humaine contre lesquelles nous avons le
devoir de lutter; un symbole aussi de la lutte contre les fléaux qui rongent les nations et viennent perturber les équilibres nationaux et internationaux.
Allez plus loin, Monsieur le Président ! La France entière vous en saurait gré, celle de gauche comme celle de droite, ceux qui vous soutiennent comme ceux qui vous dénigrent aujourd'hui :
appelez-là auprès de vous, aux hautes fonctions de Ministre des affaires étrangères, là, sur le tarmac d'Orly, devant les françaises et les français.
Un même élan d'émotion et de gratitude les soulèvera alors.
Et dans le monde entier, les regards, une fois encore, se tourneront vers la France, et sa nouvelle Ministre aura la voix la plus forte de la communauté internationale pour, à vos cotés, au
Darfour, en Palestine et Israël, en Amérique du sud bien sûr, mais aussi à Pekin en août, donner à la diplomatie française et ce semestre européenne ce visage rayonnant, serein, juste, courageux,
qui doit être le sien.
Même Bernard KOUCHNER, appelé par vous à d'autres fonctions, ne s'en offusquerait pas.
Curieuse idée que cette promotion ministérielle pour Ingrid !
Reconnaissons quand même qu’elle mérite mieux que cela. Et que la République française serait bien inspirée de lui épargner pareil sacerdoce…
Franchement, comment l’imaginer siéger au conseil des ministres, se plier à la « solidarité gouvernementale », se mêler aux petites compromissions politiciennes dont notre tempérament gaulois a le secret ?
Trop indomptable, trop inflexible, trop digne, trop avide de liberté, notre chère Ingrid !
Bien sûr qu’elle mérite la Légion d’honneur.
Bien sûr qu’elle est désormais élevée au rang d’icône internationale de la lutte contre l’oppression.
Bien sûr qu’elle devient une autorité morale, incarnant la résistance à la barbarie, comme l’ONU n’en a jamais connue…
Mais, à mon humble avis, sa place est en Colombie, auprès d’Alvaro Uribe (que j’admire encore plus aujourd’hui), pour sauver l’Amérique latine des démons crapuleux qui rongent ce merveilleux continent.
Son prestige, désormais au moins égal à celui d’Isabel Peron et Simon Bolivar, devrait suffire à sceller l’union sacrée des nations latines.
C’est tout le bonheur qui je lui souhaite. Avec la grandeur en plus, au service d’une cause beaucoup plus exaltante qu’un modeste office ministériel au service de notre nombrilisme franco-français !
Interessante suggestion michel , sachant qu'elle n'aurait aucun mal à nous faire oublier ce pathétique ministre des affaires étrangères actuel si inexistant,tandis qu'elle a aujourd'hui à son actif, un capital politique important.La question est de savoir ou et comment va t elle le faire valoir?
Attendons que cette "liesse"depuis longtemps oubliée dans ce contexte politique et social morose,passe.
Je crains en effet, qu'après l'émotion,les observations à propos de cette libération soient beaucoup plus critiques en revenant aux réalités politiques sous- jacentes.
MN