Texte libre


                                                          Passerelles

"L'homme a fait les mots comme il a fait les ponts : pour enjamber. Comme il s'enchante des ponts, il s'enchante des mots, ouvrages d'art, mais beaucoup moins sûrs..."

Cette phrase magnifique de Roger Munier, qu'on peut découvrir dans "la Nouvelle Revue française" (n° 504, janvier 1995), peut être ici mise en exergue et  résumer l'esprit dans lequel ce blog a été créé, il y a déjà plusieurs mois.
Puissent les mots que j'y emploie, avec maladresse parfois, mais en tous cas avec l'envie de faire partager passions et émotions, convictions et découvertes, humaines, littéraires, philosophiques, historiques, et caetera... être sinon des ponts, du moins de ces passerelles de cordes et de planches, comme on en voit en montagne, qui semblent avoir été  lancées d'un bord à l'autre du torrent, tanguant au dessus du vide sous les pas du marcheur hésitant, mais qui font accéder à d'autres horizons, à d'autres paysages.
Alors, la création de vialattenblog n'aura pas été vaine...

Concours

Recommander

Bienvenue sur Vialattenblog

Découvrez ma "blogosphère", espace de réflexion , de commentaires et d'analyse, qui n'a d'autre ambition que d'exprimer avec spontanéité et franchise des idées personnelles sur l'actualité internationale, sur la vie culturelle et sur les questions de société qui font débat .
Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /2009 14:53
Les semaines passent, offrant un peu de recul à l'observateur politique des évènements qui ont perturbé la vie des Antilles.


Une fois encore, il est stupéfiant de constater combien la médiatisation dans l'instant, sans recul, d'une chaîne de faits constitutifs d'une réalité conflictuelle, inhérente à des relations sociales tendues, a pu empoisonner la résolution d'une négociation sociale et emporter des effets politiques disproportionnés.

Dans cette affaire, Yves Jégo n'a jamais failli à sa mission : il fut, empruntant à la méthode Sarkozy, sur place, dès que la négociation préfectorale montra ses limites, puisque le préfet en place en Guadeloupe depuis quelques semaines s'est avéré dans l'incapacité de résoudre par la négociation le conflit, après 10 jours de grève...

Le Secrétaire d'Etat prit le relais et pilota avec une efficacité réelle les négociations, au point d'aboutir à un projet d'accord dont le Premier ministre jugea souhaitable de vérifier les termes, ce qui semble parfaitement légitime.

Bien sûr, la gestion médiatique du retour très provisoire d'un Secrétaire d'Etat qui avait pris l'engagement de rester dans l'île jusqu'à la résolution du conflit  fut-elle notoirement insuffisante, donnant le sentiment d'une "fuite à Varenne" là où il s'agissait en réalité d'une obéissance aux règles hiérarchiques propres à tout Gouvernement.

Mais, les arbitrages rendus par François Fillon, puis ceux rendus par le Président de la République, d'évidence, ne firent que confirmer et valider ceux rendus localement, pendant la négociation, par le Secrétaire d'Etat Yves Jégo.

Oui, l'Etat a bien accepté de définir des contreparties mesurées et compatibles avec les exigneces de préservation de la paix sociale aux Antilles aux efforts financiers que le patronat guadeloupéen accepterait de consentir au niveau salarial.

L'accord que le préfet de Guadeloupe a fini par obtenir des partenaires sociaux et dont il s'attribue la paternité avec opportunité...n'est rien d'autre que celui qu'Yves Jégo, avec 15 jours d'avance, avait réussi à négocier, jusqu'à ce que des éléments du patronat insulaire viennent alerter directement la présidente du MEDEF avec un objectif de dramatisation évident, laquelle alerta l'Elysée sur un comportement, prétendument jugé excessif à l'égard des chefs d'entreprise guadeloupéens, du Secrétaire d'Etat.

C'est d'ailleurs pourquoi, désormais contredite par l'ensemble des autorités de l'Etat, Laurence Parisot, radicalisant son discours, déclare au journal "Le Parisien" de ce jour qu'elle "
ne s’explique pas la façon dont l’Etat a agi. (...) Je considère donc que l’Etat n’a pas joué son rôle d’arbitre dans ce qui était à l’origine un conflit du travail", mettant dans le même sac les différents acteurs de haut niveau gouvernemental ayant eu à examiner le dossier ces dernières semaines, qu'il s'agisse du préfet, des médiateurs sociaux dépêchés par le Premier ministre, du Secrétaire d'Etat, du Premier ministre, voire du président de la République.

Cette interview confirme que la vision du conflit qui fut celle d'Yves Jégo dès son arrivée en Guadeloupe était la bonne : il deveint essentiel de dépasser
l'archaïsme des rapports sociaux qui met aux prises en Guadeloupe un patronat local à majorité blanche, encore trop marqué par les réflexes inhérents aux dirigeants d'une économie de comptoir, habitués aux situations monopolistiques, avec une représentation syndicale à majorité noire, imprégnée d'une culture des relations sociales fondée sur le rapport de forces et l'évocation compréhensible mais  "éruptive" pour leurs interlocuteurs de l'histoire des rapports sociaux aux Antilles, issue de la période de l'esclavage.

Non seulement Yves Jégo apparaît comme l'homme qui avait vu juste à temps, mais désormais comme un interlocteur relégitimé par les dernières étapes du conflit guadeloupéen.











Par Michel Bertrand Vialatte - Publié dans : vialattenblog
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Calendrier

Janvier 2010
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>

Présentation

Texte libre

Charte du blog

Vialattenblog, le blog de Michel Vialatte est destiné à être un espace de réflexion partagée et d’échanges, crée par un particulier.

Sa vocation est de permettre aux internautes qui le fréquentent d’apporter leur contribution aux questions et sujets traités dans les articles publiés.

Ce blog n’étant pas un espace de communication ouvert à la polémique, un modérateur ( le blogmestre ) est susceptible de supprimer tout commentaire qui ne serait pas en relation avec l’article qu’il commente, qui relayerait une publicité, un message de propagande pur ou qui se révèlerait contraire à la loi.

Par ailleurs l'éditeur et directeur de publication de ce blog est susceptible de signaler aux autorités compétentes, dès qu’il prend connaissance de sa mise en ligne, tout commentaire dont le contenu contreviendrait à la loi.

Enfin, l’auteur de commentaires peut à tout moment demander par e-mail que ses commentaires sur ce blog soient supprimés.

Le directeur de la publication du Blog est Michel VIALATTE.

L’hébergeur du blog est over-blog.com, marque déposée à l’INPI, propriété de JFG Networks, immatriculée au RCS de Créteil sous le n° 480 170 240,

En application de la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 modifiée le 6 août 2004 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, chaque internaute dispose des droits d’opposition (article 26 de la loi), d’accès (article 34 à 38 de la loi) et de rectification (article 36 de la loi) des données le concernant. Ainsi, il peut exiger que soient rectifiées, complétées, clarifiées, mises à jour ou effacées les informations le concernant qui sont inexactes, incomplètes, équivoques, périmées, ou dont la collecte ou l’utilisation, la communication ou la conservation serait interdite. Chaque internaute peut exercer ces droits en écrivant au directeur de la publication à l’adresse e-mail suivante : michelbertrand_vialatte@yahoo.fr

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés