
Comment comprendre l'extrème sévérité de la presse française lorsqu'elle commente, ces jours-ci, les cérémonies de commémoration de l'accession, il y a 50 ans, de l'accession de Mohammed V au trône ?
Qu'on lise par exemple la "une" et la page entière qu'y consacrent "le Figaro" d'hier pour s'en rendre compte : le titre n'est-il pas " Les 50 ans du Maroc", réduisant ainsi aux seules cinquante dernières années l'existence d'un pays qui existait pourtant, sous des formes étatiques différentes et dans des limites territoriales plus restreintes , bien avant le protectorat français !
Le portrait très critique du nouveau souverain évite soigneusement de mettre en valeur le chemin considérable que Mohammed VI a fait accomplir aux institutions du pays, à l'économie dont l'ouverture au monde, la modernisation a fait des pas de géant ces 3 dernières années, aux droits de l'homme, à l'exemple du processus de débat national engagé à son initiative à propos des détentions arbitraires du précédent règne,etc.
Evoquer le train de vie fastueux du roi, lequel a pourtant laissé publier par la presse marocaine en 2004 sans réagir ni chercher à l'interdire les montants de ses dépenses aurait pour le moins mérité quelques comparaisons avec le standing de vie de ...monarques républicains , dans le monde arabe ou en Europe!
Soyons juste : "le Figaro" était parmi les plus modérés sur le sujet et reste, en matière de Politique internationale, un de nos meilleurs titres de presse .
En tous cas, Dominique de Villepin a bien fait d'assister personnellement, au nom de la France, aux cérémonies du cinquantenaire : observer le processus de démocratisation et d'attention aux droits de l'homme du Maroc piloté par "M6" est riche d'enseignements et parfois même de leçons pour la France, "terre des doits de l'homme" pourtant sérieusement épinglée récemment encore à propos de son système carcéral,indigne d'une démocratie moderne.
Dans cette France secouée par une grave crise sociétale, dont les émeutes en banlieue ne constituent qu'un élément, nous ferions bien de tourner nos regards vers certaines expériences étrangères courageuses et porteuses d'avenir.
Ce que vient de vivre la République Française, durant ces trois semaines d'incidents graves et de révoltes urbaines, constitue l'illustration paroxistique de l'échec de trente années de politiques publiques dites " de la ville", qu'elles aient été conduites par des dirigeants de droite ou des dirigeants de gauche.
C'est le constat d'échec de l'action des institutions en général, l'échec d'un prétendu "modèle social" , l'échec d'une République incapable d'assurer l'égalité.
Au Maroc, Mohammed VI a eu le courage d'engager, conscient qu'il est des fragilités de son royaume tout autant que de ses forces et de son potentiel, un audit pluridisciplinaire du régime institué il y a cinquante ans par son grand-père, dont il souhaite une évaluation objective sur laquelle il entend baser l'élaboration de " l'initiative nationale pour le développement humain" à l'horizon de 2025.
Quel est le dirigeant actuel en France, ayant durablement exercé le pouvoir, qu'il soit de gauche ou de droite, qui aurait le même courage de faire auditer le régime, de faire auditer les politiques publiques conduites sous la Vème République ?
Pauvreté et exclusion sociale, éducation, participation des citoyens à la vie publique, culture, religion, environnement, organisation de l'Etat à l'échelle territoriale, rien n'est exclu de l'audit marocain confié à des personnalités reconnues dont les conclusions sont paraît-il très critiques.
Face au révélateur qu'a été "la crise des banlieues" et à tant d'autres révélateurs aussi, observés depuis quelques années , pourquoi aucun de nos dirigeants actuels n'a-t-il pris la mesure du défi et proposé de lancer lui aussi, comme le souverain chérifien, " une initiative nationale pour le développement humain" ?
La réalité est que la plupart d'entre eux est aveuglée par la conviction que notre organisation sociétale est exemplaire, que la France est un modèle à mettre sous cloche, satisfaisant ainsi trop complaisamment le besoin morbide de la partie "protégée " de la population de sauvegarder à tout prix ses privilèges, que "l'Autre" , c'est à dire le voisin , le jeune beur, le chômeur en quête d'emploi, lui donnent le sentiment de menacer.
Une fois encore, renoncons à se vouloir contre toute évidence porteurs d'exemple et de "modèle" et observons avec humilité les expériences quelles qu'elles soient, et celle du Maroc en particulier : la susceptibilité de nos responsables étatiques, dans une France désarçonnée par le constat d'inefficacité de leurs politiques, dût-elle en souffrir ...


Mes lecteurs voudront-ils excuser ce collapsus internautique qui m'a conduit à devenir silencieux, depuis la fin de l'été
dernier, sur ce blog ? Sûrement, tant le dillétantisme dans la gestion de ce site personnel et le caractère souvent primesautier, futile de mes articles ne me permettent
pas évidemment de prétendre à marquer l'actualité ou la réflexion collective...
Les contraintes d'une vie professionnelle intense m'ont éloigné quelques temps du clavier de mon ordinateur. Le moment est venu de renouer avec ce désir qui m'a toujours habité d'écrire mes
émotions, mes sensations, mes humeurs, mes réactions. Dans le foisonnement de l'information et du commentaire, il est vain sans doute de chercher à exister par ses analyses et ses chroniques,
hormis vis-à-vis de proches et d'amis acceptant de consacrer un peu de leur temps à vous lire avec complaisance. Mais il est pour certains nécessaire d'écrire comme pour d'autres de peindre,
de photographier, de composer, de chanter. Je suis de ceux-là...
A bientôt...
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